• Chansons

     

  • Le Petit gars de Vermenoux

      

    I

    Quand i'atos p'tiot gars mai mie
    Mai bonne mére ai Varmenoux,
    Quand i'atos p'tiot gars mai mie
    Mai bonne mére ai Varmenoux,
     
    En m'peurnant chu sas zenoux,  
    Me fiot m'zer de lai boullie, 
    En m'peurnant chu sas zenoux,
    De lai boullie taut mon saoul.
     

    IV

    Pais las forces âtant venues
    Et mon pére vieillissot,
    Pais las forces âtant venues
    Et mon pére vieillissot,
     
    I souignos bin sas couaiçots,
    I Mouch'nos, t'nos lai çarrue,
    I souaignos bin sas couaiçots, 
    Bautos l'graiñ dans das saiçots.
     
    II
    Dés mas peurmères culottes
    Dans las tresses de Varmenoux,
               Dés mas peurmères culottes
            Dans las tresses de Varmenoux,
     
              Taut diffaimé paur las houx,
                I raimaissos das noûyottes
              Taut diffaimé paur las houx,
           Das noûyottes sans peû das loup.
     
    Pus tard l'hivar mon auvraize
    Feut d'çarrier las bouais d'Arleuf,
    Pus tard l'hivar mon auvraize
    Feut d'çarrier las bouais d'Arleuf,
     
    En piquant mas deux grands boeufs
    Vés lai i'Yonne taute en raize,
    En piquant mas deux grands boeufs
    De mon aigüillon taut neuf.
     

    III

              L'été i'aipprôtos las zarbes
            Que las gars sarraint d'un ïen,
             L'été i'aipprôtos las zarbes
            Que las gars sarraint d'un ïen,
     
                 Ou bai i lâços las ciens
    Chu deux boeufs que m'zaint trop d'harbe,
                 Ou bai i lâços las ciens
          Chu deux çatrons que s'cognaint.

     

    VI 

    I t'dirai qu'auzd'hai mai mie
    Y'ai du bon butiñ cez naus,
    I t'diari qu'auzd'hai mai mie
    Y'ai du bon butiñ cez naus.
     
    Vîns, te f'rais lai soupe as choux
    Grâce ai mas r-économies,
    Vîns te f'rais las soupe as choux
    Et in's'rons de bons r'époux.
     

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  • L'Hirondelle ou Vieille Scottish

     

       

    Petit panier rose,

    Petit panier blanc,

    Toi qui est la cause

    De tous mes tourments

     

    Ah, dis moi donc si tu m'aimes

    Si tu m'aimes

    Ah dis moi donc si tu m'aimes

    Oui ou non

     

    Si tu m'aimes bien,

    On s'mariera d'main,

    Si tu m'aimes pas

    On s'mariera pas

     

    Ah, dis moi donc si tu m'aimes

    Si tu m'aimes

    Ah dis moi donc si tu m'aimes

    Oui ou non

     

    C'est le grand Colas,

    Qu'est mon amoureux,

    C'est le grand Colas

    Que j'aime le mieux

     

    Ah, dis moi donc si tu m'aimes

    Si tu m'aimes

    Ah dis moi donc si tu m'aimes

    Oui ou non


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  • Chant des Galvachers

    Clément Sauron (1826-1901) compose en 1847 une première ébauche de la chanson qui compte cinq couplets et le début d'un sixième, sur l'air En rêvant de m'y marier. Puis il en améliore la forme et porte la chanson à dix couplets à une date que ses manuscrits ne permettent pas de préciser. Il serait intéressant de mettre en parallèle les deux versions de Sauron, celle de Simon et celle de Blin, pour faire constater l'effort de réfection de la chanson vers une perfection de plus en plus grande, en adoptant le dispositif imaginé par P. Coirault et suivi depuis par d'autres folkloristes.

    En 1883, Jean SIMON rechercha les paroles pour les publier, mais il ne put retrouver que les couplets 1 à 7 et 9 qui lui parurent insuffisants. Alors il compléta la chanson en ajoutant d'autres couplets.

    Paroles de la première version imprimée, publiée par Jean SIMON, dans "Statistique de la commune de Frétoy", 1883, page 285-288, avec les quelques corrections apportées ensuite aux couplets patois par BLIN dans "Les chants du Morvan", page 23.

    Partition des galvachers

     

     Chant des Galvachers

    Adieu notre pays chéri
    Amis, partons pour le Berry
    Adieu, Corcelle,
    Anost, Verreins, le Creux,
    Que l'on attelle
    La charrette et les bœufs.
    Allons, galvachers, en avant !
    Il faut quitter notre Morvan !
    Montons la route,
    Et chassons le souci ;
    Buvons la goutte
    Chez le Cô à Bussy.
    Bonjour à notre ami le Cô
    As-tu pour nous du bon fricot ?
    Dans la galvache,
    Tu le sais par ma foi,
    On n'est pas lâche
    De boire un coup chez toi.
    Hommage aussi au bon Sauron
    C'est lui qui fit cette chanson.
    Assis à table,
    Ayant le verre en main
    Il est bon diable,
    Chante soir et matin.
    N'oublions pas Monsieur Berger
    Car c'est l'ami du galvacher :
    Il boit il chante
    Il a les larmes aux yeux
    Ce qui l'enchante
    C'est de nous voir heureux.
    Les uns s'en vont à Commentry
    Les autres à Bourges en Berry,
    Puis à la Guerche,
    Nevers et autres lieux,
    Car là l'ouvrage
    Ne manque pas aux bœufs.
    D'autres s'en vont à Saint Fargeau
    Toucy, Saint Sauveur et Bléneau,
    Conduire la corce
    Charbons et bois carrés,
    On voit la force
    Là de leurs bœufs barrés.
    Planchez, Montsauche et Saint Brisson
    Au premier Mai tous nous partons
    Ouroux, Gâcogne
    Frétoy, Gien puis Arleuf,
    Pour la Bourgogne, allons piquer nos bœufs.
    En avant donc les deux corbins
    Vous savez déjà les chemins
    Chers camarades
    Ornons leur front puissant
    D'une cocarde
    Et de deux beaux rubans.
    Chère Fanchon, essuie tes yeux,
    Voici le moment des adieux,
    Allons ma belle,
    Adoucis ton chagrin,
    Sois-moi fidèle
    Jusqu'à la Saint Martin.
    Tâche de bien engraisser le cochon,
    À l'ouvrage remue-toi un peu,
    Soigne bien la vache,
    Elle nous fera de l'argent
    Rempli sa crèche,
    Ne la laisse manquer de rien.
    T'as bien des treuffes et du blé noir
    Il reste encore un quartier d'lard
    Dans le saloir,
    Quand il n'y aura plus rien,
    Aussitôt par la poste,
    Je t'enverrai d'l'argent.
    Allons va-t-en, ne pleure pas
    Je t'écrirai du pays bas
    Envoie en classe,
    Le p'tit sans faire manquer,
    Et pour toi tâche,
    De ne pas m'oublier.
    Sur le chariot, as-tu mis l'sac ?
    Donne-moi ma pipe et mon tabac
    Ma limousine,
    Et mon grand aiguillon,
    Ne te chagrine
    Pas ma bonne Fanchon.
    Puis il s'en va pauvre bouvier,
    Abandonnant son vieux foyer,
    Quittant sa femme,
    Et aussi ses enfants,
    Pour être esclave
    Dans les bois de Toucy.
    Ne peut-il donc, dans son Morvan
    Vivre aussi bien en travaillant ?
    Quand là l'ouvrage
    Ne manque pas aux bras,
    Est-il donc sage
    D'aller au pays bas ?

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  •  Véritable "Hymne régional", "La Morvandelle" écrite en 1903 par le poète Maurice BOUCHOR constitue un véritable chant révolutionnaire, expression d'une exploitation "larvée" des habitants du Morvan contraints de s'expatrier pour vivre et même survivre

    La Morvandelle

     La mélodie est une vieille chanson morvandelle : “le galant d’lai Nan-nette”.

       

    Allons les Morvandiaux, chantons la Morvandelle,

    Chantons les claires eaux, et la forêt si belle,

    La truite au bond léger dans les roseaux fleuris

    Et notre bois flottant qui vogue vers Paris.

    Il souffle un âpre vent parmi nos solitudes,

    On dit que le Morvan est un pays bien rude

    Mais s’il est pauvre et fier, il nous plaît mieux ainsi

    Et qui ne l’aime pas n’est certes pas d’ici.

    On veut la liberté dans nos montagnes noires

    Nos pères ont lutté, pour elle et non sans gloire,

    Rêveurs de coups d’état, Césars de quatre sous

    Les braves Morvandiaux se moquent bien de vous.

    Jadis, on nous l’a dit, surgirent nos ancêtres

    Brisant le joug maudit de leur avides maîtres

    Ils firent bien danser les moines leurs seigneurs

    Repus de leur misère et gras de leur sueur.

    Pourtant nous subissons un reste d’esclavage

    Pourquoi ces nourrissons privés du cher breuvage,

    Gardons ô mes amis, nos femmes près de nous

    Nos filles et nos fils ont droit à leurs nounous.

    Allons les Morvandiaux, chantons la Morvandelle

    Les bois, les prés, les eaux, aimés d’un coeur fidèle,

    Nos bûches qui s’en vont, Paris s’en chauffera

    Nos gars et leurs mamans, Paris s’en passera.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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