• La "Pléchie"

     

     

     

    Le Plessage ou l’art de tresser une haie vive

    « lai pléchie » en patois morvandiau

      

    Définition du verbe plesser :

    Plesser signifie : entrelacer les branches d’une haie. « Plécher en patois », en dérivant de plier (ployer, fléchir, courber), coucher des tiges, des branches d’arbres pour former des clôtures

    Historique :

    Le plessage des haies est apparu à l’époque du néolithique, période de la Préhistoire marquée par de profondes mutations techniques et sociales menant à la sédentarisation de ces peuples de chasseurs-cueilleurs qui vont adopter progressivement une économie de production fondée sur l’agriculture et l’élevage.

    Au tout premier balbutiement de la domestication, il faut donc trouver à ces nouveaux agriculteurs le moyen de clôter les pâturage afin d'y parquer le bétail pour éviter qu’il ne divague et d’autre part, protéger les cultures des dégâts occasionnés par les animaux domestiques et sauvages.

    Différentes solutions seront adoptées en fonction de la géologie du terrain. La pierre et le bois sont notamment utilisés là où la ressource en matière première abondait, muret en pierre dans les Alpes et les Pyrénées, palissade de branchages tressés là où le bois était en quantité suffisante. Ces palissades portent le nom de « haies sèches » ou « haies mortes ».

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     Ce type de clôture, s'il avait l'avantage de l'efficacité, était peu durable et devait être remplacé régulièrement. L'importante consommation de bois nécessaire à la construction et à la maintenance de ces ouvrages se faisait au détriment des réserves.

      

    Au fil des siècles, cette technique va disparaître au profit pou laisser place aux haies vives qui ne demandaient pas plus de travail et étaient plus pérennes que les haies de bois mort.

    Ainsi sont apparues les premières "haies vives". La "Pléchie"

    Cependant, La haie vive a un inconvénient majeur: son homogénéité n'est pas toujours parfaite. C'est surtout au pied des haies que les dégradations sont les plus marquées. Les végétaux se dégarnissent à la base, certains arbustes meurent ou sont broutés par le bétail et les animaux profitent bien souvent de ces faiblesses pour retrouver leur liberté!

     

    Le fil de fer ne fera son apparition qu'à la fin du 19ème siècle ; Pendant des siècles, le paysan imagine donc une technique de conduite et d'entretien de la haie qui survivra jusqu'à nos jours : le "pléchage " ou "tressage" des haies vives.

      

    La "Pléchie"Les pléchies sont assurément les haies les plus anciennes et on peut parfois en retrouver la trace, comme notamment dans le Morvan en se promenant dans la forêt du Mont Beuvray sur le site  archéologique européen de « Bibracte », l’ancienne capitale des Eduens (peuple celte), développée au 1er siècle avant JC, et ou Vercingétorix se vu confier en -52 avant JC le commandement suprême des armées gauloises avant la bataille d’Alésia. D’ailleurs César faisait parlait déjà  des haies plessées (ou du moins d'une technique s'en rapprochant) dans la Guerre des Gaules.

    La technique du plessage a semble t’elle été pratiquée partout où la haie était utilisée pour le pacage des animaux domestiques, le côté naturellement défensif des épineux étant renforcé par le tressage des végétaux.

    Les techniques étaient cependant différentes d'une région à l'autre et elles variaient également en fonction des essences travaillées : chêne et noisetier dans le Morvan, hêtre en Normandie, aubépines et prunellier en Flandres et Avesnois...

                                                                            La "Pléchie"                                                           

                                                                                Haie plessée du Morvan

     

    Si le plessage avait pour objectif premier de régénérer et de densifier une vieille haie, il était aussi un moyen de récolter du bois de chauffage. En France, cette coutume a perduré dans certaines régions jusqu'aux années 1960.

    L'évolution de l'agriculture qui est apparue à cette époque et qui a profondément modifié les paysages de toute l'Europe en détruisant en quelques années des bocages nés il y a plusieurs siècles, a mis un coup d'arrêt à une technique très répandue depuis le 18ème.

    D'anciens agriculteurs pratiquent encore le plessage dans le Morvan, le Perche et les Flandres. Dans les autres régions, cette tradition semble s'être éteinte après la deuxième guerre mondiale.

    Technique :

    Le but recherché dans une opération de plessage est d'obtenir, à partir d'une haie ayant perdu son efficacité en tant que limite infranchissable, une nouvelle clôture homogène, bien fournie depuis la base et dont les branches, travaillées comme une vannerie forment un obstacle pour les animaux domestiques, même les plus petits (chèvres, moutons...).

    Pratique :

    Le plessage se pratique pendant la période hivernale, d'octobre à avril. L'opération se fait en plusieurs étapes :

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     Dans le Morvan, on prépare d'abord par tailler des pieux de  chêne, d’acacia ou de châtaignier. Ces pieux serviront de support aux « playons » en patois (jeune tige ou branche d’arbre qui a été couchée vive pour la clôture mais également nom donné à la perche flexible qui deviendra une fois taillée « l’aigüilon » dont se servent les galvachers pour conduire les bœufs)  lorsque l’intervalle est trop espacé à cause du manque de végétation. 

     

    On prépare également de longues badines souples de noisetier qui serviront à maintenir le travaille en place et éviter qu’il ne soit relevé par les cornes du bétail.

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      La haie brute est ensuite  "dépaissie" si sa densité est trop importante. 

    Toutes les essences rencontrées habituellement dans les haies se prêtent au plessage.

    On éliminera cependant les sureaux ainsi que les frênes jugés trop dynamiques de même que les arbres trop âgés, le bois mort, les ronces, les lianes et les buissons.

    Les épineux tels le prunellier ou l'aubépine subissent sans dommage le "pliage" et repartent avec vigueur, ils forment des clôtures défensives extrêmement efficaces. Le charme, le chêne, l'érable champêtre cicatrisent bien quand la plaie de taille est nette. La "Pléchie"

    Les bois restant « las playons » seront laissés à intervalle régulier. Ils seront légèrement entaillés en sifflet pour permettre de les courber et les entrelacer entre les pieux. Ils doivent bien évidemment toujours être alimentés en sève.

    Ils seront ensuite attachés ensemble avec des « rouettes » (lien végétal en chêne ou en saule de préférence, en noisetier, en bouleau ou en osier qui se fabrique en maintenant au sol la brindille avec son pied et en la tortillant jusqu’à faire à l’autre extrémité une sorte de nœud coulant qui permettra de nouer les « playons » entre eux.

    La hauteur de la pléchie est d’environ 1.20 m. On y introduira des playons morts dans les trous pour conserver à la haie son homogénéité.

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    Ils seront complétés par les pieux refendus préparés avant l'opération et formeront un guide sur lequelle sera tressé la haie.

    La distance entre chaque montant du guide est d’environ 1/2 mètre dans le Morvan. Les « playons » destinés à être pliés seront sélectionnés selon leur vigueur, leur hauteur et leur diamètre.

    L'opération la plus délicate consiste à amincir le pied de chaque « playons » sur plus des 3/4 de son diamètre et jusqu'à 3 à 5 cm du sol, ceci afin de rendre la branche suffisamment flexible pour qu'elle ne se rompe pas au pliage. Cette opération se fait à la serpe.

    Les « playons » sont généralement tous pliés dans le même sens - un droitier plie toujours vers sa gauche - et du côté montant de la pente. Un angle de pliage constant est maintenu afin de faciliter la montée de la sève et le départ de la végétation au printemps.

    Pour maintenir cet angle constant, un bourrage intermédiaire de branchages d'épineux est parfois utilisé. Enfin, pour éviter que les vaches ne remontent avec leurs cornes tout le travail de vannerie qui vient d'être achevé, l'émondeur entrelace à la partie supérieure de la haie les longues badines de noisetier ou de saule préparées précédemment.

                                                                        La "Pléchie"

      

     Une haie correctement tressée devra être entretenue sur un rythme de 5 à 9 ans. Un élagage est nécessaire car l’étrogne (arbre qui a été coupé à mi-hauteur pour la réalisation du pléchage et reparti avec plusieurs rejets) va en donner jusqu’à une cinquantaine, lesquels vont généralement servir à fabriquer les fagots.

    L’importance de la main d'oeuvre nécessaire au plessage d'une haie reste le frein majeur à la renaissance de ces techniques. Sur un bon rythme, on peut plécher environ 80 mètres dans la journée à 4 personnes à condition que la haie ait été préalablement préparée.

     

    Les outils du Plesseur de haies

     

     La serpe ou « sarpe »  

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     Le croissant ou « voulant »

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     La cognée ou « couégnée »

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    La pierre à aiguiser

    La "Pléchie"

     

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    Un rendez-vous annuel très attendu, mais cette année sur un mois !

    Le mois de la pléchie, c'est en mars ! découvrez les dates et lieux!

    Le Mois de la Pléchie


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    La Pléchie

    Extrait de l'Yonne Républicaine du 19 janvier 2012

     


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    La Pléchie

    Extrait du Journal du Centre du 19 janvier 2012

     


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    "La Pléchie "

     

    extrait de la Gazette du Morvan du 4 mars 2011

     

     


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  • "La Pléchie "

    extrait du journal du Centre du 10 février 2011


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